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2 - Conseil génétique
et Dépistage
Source : Ministère
de la santé
Pr Marie-Louise Briard (Hôpital Necker
Enfants malades, Paris)
Secrétaire générale de l'AFDPHE (association
française pour le dépistage et la prévention
des handicaps de l'enfant)
Qui
doit bénéficier d’un conseil génétique
?
A priori, toute personne qui s’interroge
sur le risque encouru par ses enfants à naître
ou déjà nés, et/ou à propos
de son propre risque de développer une maladie,
en raison d’antécédents personnels
ou familiaux.
Le conseil génétique
peut être demandé dans des circonstances
variées :
- par une personne qui
se demande si sa maladie est génétique
et si elle peut la transmettre à ses enfants.
Quand il y a d’autres personnes atteintes dans
la famille, cela est vraisemblable. Mais quand elle
est la seule personne atteinte, la possibilité
d’une maladie génétique ne peut
être exclue.
- par un couple sans antécédent particulier
qui a eu un enfant malade.
- par une personne non atteinte elle-même et
n’ayant pas d’enfant malade mais qui a
un apparenté atteint (ou plusieurs).
- par un couple dont les deux conjoints ont un lien
de parenté, qu’il y ait ou non des maladies
dans la famille commune.
Toutes ces personnes peuvent s’interroger,
mais leur questionnement sera d’autant plus pressant
que la maladie est invalidante. Les mêmes interrogations
peuvent naître chez des personnes sans antécédent
particulier.
Quel
médecin consulter ?
Un médecin généticien
clinicien. Ce spécialiste des maladies génétiques
pourra évaluer le risque que le consultant développe
lui-même la maladie, ait des enfants atteints.
Pour cela, il tiendra compte du diagnostic précis
de la maladie, de son mode de transmission génétique,
du lien de parenté entre la personne qui s’interroge
et le(s) malade(s).
Comment
se passe la consultation de génétique ?
Pour évaluer correctement
un risque, le diagnostic de l’affection en cause
doit être établi avec certitude et son
origine déterminée sans ambiguïté.
Le généticien doit donc recueillir avec
précision des informations sur la famille, établir
un dossier familial en s’informant sur les maladies
qui peuvent affecter différents membres de la
famille.
Les recherches menées sur les maladies génétiques
ont considérablement amélioré le
conseil génétique :
- de nouveaux
outils sont disponibles pour permettre de
porter le diagnostic de certaines affections; dans
de meilleures conditions.
- des tests génétiques
développés pour certaines maladies
permettent de dire si une personne sans symptôme
manifestera la maladie qui existe déjà
dans la famille, si elle est porteuse d’un
gène altéré qu’elle pourra
transmettre;
- un diagnostic prénatal,
voire un diagnostic préimplantatoire,
peut être réalisé en cas de
grossesse à risque.
Mais parfois, le risque
est difficile à préciser. Aucun diagnostic
n’est porté. L’affection relève
de plusieurs causes. Son origine n’est pas connue
ou est difficile à déterminer avec exactitude.
Où
s’adresser pour avoir un conseil génétique
?
Il existe des consultations
de génétique dans toutes les villes universitaires.
Afin que le conseil génétique soit plus
facilement accessible à tous, certains services
de génétique ont même mis en place
des consultations dites avancées dans d’autres
villes de la région.
Dans la majorité
des cas, le généticien clinicien peut
répondre aux questions posées sur l’ensemble
des maladies. Il pourra orienter certains patients vers
une consultation plus spécialisée s’il
le juge utile. Pour certaines maladies, des consultations
de génétiques se sont spécialisées
: consultations de neurogénétique (maladies
neurologiques), d’ophtalmogénétique
(maladies oculaires) ou d’oncogénétique
(cancers héréditaires)…
Toute personne à risque, tout
couple, quels que soient son milieu socio-culturel,
ses antécédents personnels ou familiaux,
peut donc facilement bénéficier d’un
conseil génétique.
A
quel moment consulter le généticien ?
Dès que le couple
supposé à risque s’interroge à
propos de sa descendance, surtout s’il a le projet
d’avoir un enfant prochainement. Il doit donc
rencontrer le généticien avant de procréer
et ne pas attendre que l’enfant soit conçu.
Ainsi le généticien disposera du temps
nécessaire pour recueillir l’ensemble des
éléments du dossier familial, réaliser
les examens utiles, évaluer le risque encouru
dans les meilleures conditions.
Informer du risque exact,
des possibilités ou non de diagnostic prénatal,
de la nécessité de recourir à une
interruption de la grossesse si l’enfant s’avère
atteint et s’il ne peut se résoudre à
donner naissance à un enfant malade, le couple
pourra prendre la décision qui lui semble la
plus appropriée.
Il faut savoir que malgré
les progrès acquis, le diagnostic prénatal
n’est pas disponible pour toutes les affections.
Certains couples ayant entrepris une grossesse sans
être informés lors d’un conseil génétique
peuvent alors être conduits à interrompre
la grossesse, sans savoir si l’enfant qu’ils
ont désiré sera ou non atteint.
Dans
quel cas conseiller un diagnostic prénatal à
des futurs parents ?
Il faut distinguer le diagnostic prénatal
pouvant être réalisé :
-1ère
situation : l’enfant souhaité est
réellement exposé à avoir une maladie
en raison d’antécédents et a un
risque de la développer relativement élevé
(25 %, 50 %, parfois moins). Dans ce cas, les parents
doivent, avant même la conception, demander un
conseil génétique pour obtenir les informations
utiles sur le diagnostic prénatal génétique
et connaître les mesures à prendre dès
le début de la grossesse afin d’organiser
au mieux ce diagnostic prénatal et de le réaliser
le plus précocement possible au regard de ses
conséquences s’il s’avérait
positif (enfant reconnu atteint).
-
2ème situation : l’enfant n’a
pas de risque particulier connu(ce qui est le cas pour
la majorité des enfants à naître).
Il peut être aussi être atteint par hasard
ou être dans une situation de risque réel,
non repéré en l’absence d’antécédent
connu. Il a a priori une faible probabilité (de
l’ordre de 1 à 2 %) d’avoir une des
nombreuses maladies rares, génétiques
ou non génétiques, ou une anomalie du
développement relativement plus fréquente.
Il n’y a pas lieu d’envisager un diagnostic
prénatal dans ce cas. Il est possible, cependant,
de faire certains examens pour déterminer, au
cours de la grossesse, si le fœtus a une anomalie
ou a un risque d’en avoir une.
Lire
la page : diagnostic prenatal - diagnostic pré-implantatoire
Le
dépistage néonatal
Rien ne permet de prévoir
un risque particulier chez un bébé donné
; il faut donc tester pour repérer le malade.
Comme les maladies dépistées sont rares
(elle ne touchent qu’un enfant sur plusieurs
milliers), la probabilité qu’un bébé
en soit atteint est extrêmement faible. Il n’empêche
le repérage du « malade » passe
par une étude systématique de tous les
bébés.
Lire la page : dépistage
néonatal
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