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Handicap : "Bien vivre au quotidien" - Conseil général G34


1 - Les differents types de handicap

Définition légale du handicap

La loi du 11 février 2005 définit le handicap dans toute sa diversité. L’article 2 stipule que « constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou trouble de santé invalidant ».

 

Source : Secrétariat d'Etat aux Personnes handicapées - Avril 2003

Il est classique de distinguer différents types de handicaps car les difficultés rencontrées par les personnes handicapées sont manifestement très variées, notamment (mais pas seulement) en fonction de l'origine du handicap

Les deux premières grandes catégories fréquemment exposées sont d'une part les handicaps physiques, d'autre part les handicaps " mentaux ". Pour cette dernière appellation, il faut noter immédiatement que le terme est en lui-même porteur d'ambiguïtés et qu'une confusion est fréquemment dénoncée par les associations entre les différents types de handicaps induits par des déficiences des " fonctions supérieures ". Il est donc habituel de différencier plus finement ces handicaps en fonction du type de déficience qui en est à l'origine. C'est d'ailleurs par grand type de déficience que sont classés les types d'établissements pour enfants handicapés.

Handicaps " mentaux "

On distingue :

les déficiences intellectuelles, autrefois repérées par des vocables comme " arriération mentale " ou " débilité mentale ". Les différentes batteries de tests de QI sont des outils classiques pour leur appréciation, mais ils sont très réducteurs et insuffisants à décrire les difficultés réelles des personnes. On peut distinguer de cette catégorie complexe de déficiences des déficiences plus spécifiques de certaines fonctions cognitives, comme les déficiences du langage ou d'autres troubles spécifiques d'apprentissage (dyscalculie, dyspraxies...).

les déficiences psychiques concernent les troubles du fonctionnement de l'appareil psychique et influent donc principalement sur les sphères de la vie relationnelle, de la communication, du comportement... Les distinguer des déficiences intellectuelles permet de rendre compte des situations spécifiques de handicaps vécues notamment par les personnes atteintes de maladies mentales évoluant au long cours, et qui relèvent donc à la fois de soins psychiatriques et d'un accompagnement spécifique visant à atténuer les effets invalidants de ce type de déficience.

Handicaps physiques

Ils sont en général scindés selon trois types de déficiences :

les déficiences motrices représentent l'image même du handicap dans l'imaginaire collectif. Il est significatif à cet égard que le pictogramme symbolisant le handicap soit la représentation d'une personne en fauteuil roulant. Ce sont donc des handicaps en général visibles mais leur expression et leurs conséquences sont très variables.

les déficiences visuelles sont symboliques de la grande diversité possible des conséquences pour un même type de déficience : du simple porteur de verres correcteurs, qui dans notre société ne subit quasiment pas de restriction de participation du fait d'une déficience aisément compensable, à la personne aveugle, autre symbole fort de la notion même de handicap.

les déficiences auditives sont moins visibles et plus stigmatisantes que les précédentes.

Il faut compléter ce tour d'horizon des handicaps physiques par les conséquences desdéficiences viscérales et générales :être atteint d'une insuffisance cardiaque ou respiratoire (comme dans la mucoviscidose) ou subir les conséquences mutilantes d'un cancer est aussi un handicap, qui a longtemps été méconnu en tant que tel.

Polyhandicap, plurihandicap, surhandicap

L'approche par type de déficience représente une catégorisation bien schématique qui trouve rapidement ses limites. Trois termes souvent utilisés pour décrire des combinaisons fréquentes de déficiences méritent d'être définis :

le polyhandicap a reçu une définition formelle en France dans un texte réglementaire organisant le type correspondant d'établissements pour enfants : il s'agit de l'association de déficiences motrice et intellectuelle sévères associées éventuellement à d'autres déficiences, et entraînant une restriction extrême de l'autonomie.

le plurihandicap peut être défini par l'association de plusieurs déficiences ayant approximativement le même degré de gravité, ceci empêchant de déterminer une déficience principale et posant des problèmes particuliers de prise en charge, car les capacités restantes ne permettent pas toujours d'utiliser les moyens de compensations habituels (exemple : la vision autorise l'usage de la langue des signes à un sourd mais pas à un sourd-aveugle).

le surhandicap est généralement compris comme l'agravation d'un handicap existant par les difficultés relationnelles qu'il provoque, d'autant plus graves qu'elles surviennent notamment en cas de handicap congénital et obèrent gravement le développement psychique de l'enfant, ajoutant des déficiences psychiques et/ou intellectuelles aux déficiences d'origine (intellectuelles ou sensorielles par exemple).

Par ailleurs, les déficiences ne sont qu'un des niveaux d'expérience permettant de décrire la situation de handicap. Or, à déficience identique, les incapacités, restrictions d'activité et de participation qui en résultent sont très variables selon les individus et le contexte dans lequel ils évoluent. Il faut donc se garder d'imaginer qu'un regroupement par déficience permet d'envisager les difficultés et les solutions de manière parfaitement homogène.

Enfin, on peut compléter cette description par un bref point sur quelques " catégories " souvent présentées comme homogènes car elles présentent des caractéristiques ou des problématiques apparaissant comme spécifiques. C'est ainsi qu'au cours du temps ont été développées des politiques spécifiques en faveur de catégories de personnes regroupées selon un diagnostic, par exemple l'autisme ou l'origine des troubles, comme pour les traumatisés crâniens et cérébro-lésés.Un tel regroupement permet certes d'aborder les difficultés spécifiquement rencontrées par les personnes qui en sont atteintes, mais présente le risque d'occulter des besoins communs avec d'autres types de pathologies occasionnant des déficiences de même type et qui permettent d'imaginer des réponses similaires et groupées. A une souhaitable mise en lumière de spécificités répond alors un risque certain de " ghettoïsation " de certaines catégories de personnes handicapées.

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