Information médicale
avant l'anesthésie de votre enfant
(janvier 2003)
Les médecins du service
d’anesthésie de l’hôpital (ou
de la clinique) vont prendre en charge votre enfant pour
assurer son anesthésie et son réveil. Ce
document est destiné à vous informer sur
l’anesthésie. Nous vous demandons de le lire
attentivement afin de pouvoir donner votre consentement
à la procédure que le médecin anesthésiste-réanimateur
établira et vous expliquera pour "faire dormir"
votre enfant. Vous pourrez poser à ce médecin
toutes les questions relatives à votre information.
Pour les questions concernant l’acte qui motive
cette anesthésie, il appartient au spécialiste
(chirurgien, endoscopiste ou autre spécialiste)
qui réalisera cet acte d’y répondre.
Qu’est-ce
que l’anesthésie ?
L’anesthésie
est un ensemble de techniques qui permet la réalisation
d’un acte chirurgical ou médical (endoscopie,
radiologie, etc.) en supprimant ou en atténuant
la douleur. Il existe deux grands types d’anesthésie
(qui ne sont pas en opposition) : l’anesthésie
générale et l’anesthésie locorégionale.
Tout acte médical,
même conduit avec compétence et dans le respect
des données acquises de la science, comporte un
risque. Les conditions actuelles de surveillance de l’anesthésie
et de la période de réveil permettent de
dépister rapidement les anomalies et de les traiter.
L’anesthésie
générale est un état comparable au
sommeil, produit par l’injection de médicaments
dans une veine et/ou la respiration de vapeurs anesthésiques
à l’aide d’un masque. Ces médicaments
peuvent diminuer ou supprimer la respiration, ce qui nécessite
souvent d’aider la respiration spontanée
par une machine (ventilateur).
Quels
sont les inconvénients et les risques de l’anesthésie
générale ?
Les nausées et les
vomissements au réveil sont devenus moins fréquents
avec les nouvelles techniques et les nouveaux médicaments.
Les accidents liés au passage du contenu de l’estomac
dans les poumons sont très rares si les consignes
de jeûne sont respectées.
L’introduction d’un
tube plastique dans la trachée ou dans la gorge
pour assurer la respiration pendant l’anesthésie
peut provoquer des maux de gorge ou un enrouement passagers.
Des traumatismes dentaires sont possibles.
Il est important que vous signaliez toute dent de lait
qui bouge, tout appareil ou toute fragilité
dentaire.
Dans les heures suivant
l’anesthésie, des troubles de la mémoire,
de l’attention et du comportement de l’enfant
peuvent survenir. Ils sont passagers. Une faiblesse musculaire
possible impose une surveillance au moment du lever afin
d’éviter toute chute. Une rougeur douloureuse,
parfois suivie d’une ecchymose, au niveau de la
veine dans laquelle les produits ont été
injectés peuvent s’observer ; elles disparaissent
en quelques jours. La pose d’un cathéter
central (perfusion dans une grosse veine proche du cÏur)
comporte ses propres complications qui seront immédiatement
dépistées et traitées.
Des complications imprévisibles
qui pourraient mettre en jeu la vie de votre enfant comme
une allergie grave, une hyperthermie maligne, une asphyxie,
un arrêt cardiaque, sont extrêmement rares.
Quelques cas sont décrits alors que des centaines
de milliers d’anesthésies de ce type sont
réalisées chaque année en France.
L’anesthésie
locorégionale permet de n’endormir que la
partie du corps de l’enfant concernée par
l’opération en bloquant les nerfs de cette
région par l’injection, à leur proximité,
d’un produit anesthésique local. La rachianesthésie
et l’anesthésie péridurale sont deux
modalités particulières d’anesthésie
locorégionale. Le produit anesthésique est
injecté à proximité de la moelle
épinière et des nerfs qui sortent de celle-ci.
L’anesthésie caudale est une anesthésie
péridurale que l’on pratique très
fréquemment chez le jeune enfant pour des interventions
situées sous l’ombilic.
Chez l’enfant, l’anesthésie
locorégionale est le plus souvent réalisée
(mais pas obligatoirement) lorsque l’enfant dort.
Une répétition de la ponction peut être
nécessaire en cas de difficultés. À
cet âge, l’anesthésie générale
permet de réaliser cet acte, de façon indolore,
sur un enfant parfaitement immobile. Elle permet d’éviter
que l’enfant ne s’inquiète de ce qui
se passe autour de lui.
Quels
sont les inconvénients et les risques de l’anesthésie
locorégionale ?
Après une rachianesthésie
ou une anesthésie péridurale, des maux de
tête peuvent survenir. Ils nécessitent parfois
un repos de plusieurs jours et/ou un traitement spécifique.
Une paralysie transitoire de la vessie peut nécessiter
la pose temporaire d’une sonde urinaire. La paralysie
transitoire des membres inférieurs, créée
par l’anesthésie rachidienne, peut entraîner
un état d’agitation chez l’enfant qui
n’en comprend pas la cause. Des douleurs au point
de ponction dans le dos sont également possibles.
Des démangeaisons passagères peuvent survenir
lors de l’utilisation de la morphine et de ses dérivés.
Au cours de l’anesthésie locorégionale
en ophtalmologie, un traumatisme du globe oculaire est
exceptionnel.
Lorsqu’une anesthésie
générale est associée, des troubles
passagers de la mémoire et des facultés
de concentration peuvent survenir dans les heures qui
suivent l’anesthésie.
Des complications plus graves
comme des convulsions, un arrêt cardiaque, une paralysie
permanente ou une perte plus ou moins étendue des
sensations sont extrêmement rares. Quelques cas
sont décrits, alors que des centaines de milliers
d’anesthésies de ce type sont réalisées
chaque année.
La
consultation d’anesthésie.
Toute anesthésie
générale ou locorégionale, réalisée
pour un acte non urgent, nécessite une consultation
plusieurs jours à l’avance et une visite
pré-anesthésique, la veille ou le jour de
l’anesthésie, selon les modalités
d’hospitalisation. Cette consultation doit être
réalisée suffisamment à distance
de l’intervention pour éventuellement préparer
votre enfant, dépister et réduire tout risque
prévisible et diminuer la durée d’hospitalisation.
Elle permet au médecin anesthésiste, grâce
aux informations recueillies par l’interrogatoire,
la lecture du carnet de santé, l’examen clinique
de l’enfant, de choisir le type d’anesthésie
le mieux adapté et de vous informer ainsi que votre
enfant sur son déroulement pratique et le traitement
de la douleur postopératoire. Le choix final relève
de la décision et de la responsabilité du
médecin anesthésiste-réanimateur
qui pratiquera l’anesthésie. Des examens
complémentaires (prise de sang, radiographie, consultation
cardiologique), peuvent être prescrits en fonction
de l’état de santé de votre enfant,
ses antécédents et ses traitements actuels
. Ils ne sont ni obligatoires ni systématiques.
Comment
votre enfant sera-t-il surveillé pendant l’anesthésie
et au réveil ?
L’anesthésie,
quel que soit son type, se déroule dans une salle
équipée d’un matériel adapté
à l’âge de l’enfant et à
sa pathologie. Cette salle est vérifiée
avant chaque utilisation. Tout ce qui est au contact du
corps de l’enfant est soit à usage unique,
soit désinfecté ou stérilisé.
En fin d’intervention, votre enfant sera conduit
en salle de réveil pour y être surveillé
de manière continue avant de regagner sa chambre.
Durant l’anesthésie et en salle de surveillance
post-interventionnelle ("salle de réveil")
votre enfant sera pris en charge par un personnel infirmier
qualifié, sous la responsabilité d’un
médecin anesthésiste-réanimateur.
Comment
la douleur de votre enfant sera t’elle prise en charge
?
Après l’intervention,
quel que soit l’âge de votre enfant, des médicaments
seront prescrits pour calmer sa douleur. La douleur est
évaluée systématiquement et régulièrement,
au moyen de tests adaptés à chaque âge,
afin de pouvoir y apporter le traitement le mieux adapté.
La morphine ou un de ses
dérivés est prescrite pour toutes les douleurs
intenses aiguës, si besoin en continu. Des effets
secondaires peuvent se manifester : nausées, démangeaisons,
somnolence, rétention urinaire, constipation. Une
complication comme la dépression respiratoire reste
exceptionnelle. Dans tous les cas une thérapeutique
bien codifiée est immédiatement prescrite.
Une autre méthode
très efficace pour traiter la douleur de votre
enfant consiste en l’injection de médicaments
dans un petit tuyau (cathéter) mis en place, lors
de la réalisation d’une anesthésie
locorégionale, à proximité de la
moelle épinière ou d’un nerf. Les
mêmes inconvénients que ceux décrits
après l’anesthésie péridurale
peuvent être observés. Dans tous les cas
une thérapeutique bien codifiée est immédiatement
prescrite.
Qu’en
est-il de la transfusion sanguine ?
S’il existe une probabilité
pour que votre enfant soit transfusé pendant ou
après son opération, vous recevrez une information
spécifique concernant les techniques et le risque
transfusionnel.
Vous trouverez, joint à
ce document un questionnaire qui vous aidera à
ne rien oublier lors de la consultation d’anesthésie.
Les livrets d'information de l'Association
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- association loi 1901 créée en 1993. contact@sparadrap.org